Deux figures de notre université parmi les 72 femmes de science mises à l’honneur sur la Tour Eiffel
La Tour Eiffel sera prochainement ornée de 72 noms de femmes scientifiques, en hommage à leur contribution exceptionnelle à la recherche. Parmi elles, trois Lyonnaises, dont deux ont exercé sur le site aujourd’hui connu sous le nom d’Université Lyon 1 : Michelle Schatzman, mathématicienne, et Denise Barthomeuf, chimiste des matériaux. Ces pionnières voient leur parcours désormais mis en lumière, un geste symbolique qui éclaire la place des femmes dans la science et inspire les générations futures.
Tour Eiffel
Le 26 janvier 2026, l’association Femmes & Sciences a remis à Anne Hidalgo, Maire de Paris, sa proposition de 72 noms de femmes scientifiques à inscrire au premier étage de la tour Eiffel, un monument emblématique dont la lumière symbolisera mondialement leur contribution à la science. Mathématiciennes, physiciennes, biologistes, ingénieures, informaticiennes ou climatologues, ces pionnières ont fa?onné notre compréhension du monde et méritent enfin d’être mises en lumière. La liste a été élaborée selon les critères définis par une commission d’experts, présidée par Jean-Fran?ois Martins, président de la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel (SETE), et Isabelle Vauglin, vice-présidente de Femmes & Sciences et astrophysicienne au Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (CRAL ? Lyon 1/ENS de Lyon/CNRS). Parmi ces 72 noms figurent ceux de deux chercheuses ayant exercé une partie de leurs activités de recherche et d’enseignement à l’Université Claude Bernard Lyon 1 : Michelle Schatzman et Denise Barthomeuf.
Chimiste spécialiste de la catalyse et des matériaux, Denise Barthomeuf débute sa carrière à la Faculté des sciences de Lyon avant de rejoindre le CNRS en 1974. Elle mène ses recherches dans plusieurs laboratoires de référence, notamment en catalyse et en réactivité de surface, et acquiert une expertise reconnue à l’international gr?ce à des collaborations avec l’industrie, en France et aux ?tats-Unis. Ses travaux sur les zéolithes[1] et les matériaux catalytiques ont contribué de manière majeure à la compréhension des surfaces et de leurs propriétés. Fondatrice du Groupe fran?ais des zéolithes, qu’elle préside jusqu’en 1990, elle a également donné son nom à un prix international récompensant depuis 2017 des thèses dans ce domaine.
Michelle Schatzman (1949–2010)
Mathématicienne reconnue pour l’originalité et la diversité de ses travaux, Michelle Schatzman a exploré des problématiques issues aussi bien de la mécanique et de l’électromagnétisme que de l’algèbre. Après avoir été re?ue première à l’?cole normale supérieure de jeunes filles (ENSJF) en 1968, elle devient chercheuse au CNRS, puis professeure à l’Université de Lyon en 1984, avant de rejoindre à nouveau le CNRS comme directrice de recherche en 2005. Spécialiste des équations aux dérivées partielles, elle a codéveloppé dans les années 1990 une théorie décrivant l’évolution des vortex dans les matériaux supraconducteurs, à l’origine du modèle de Chapman–Rubinstein–Schatzman. Son ?uvre a été distinguée par le prix Claude Berthault de l’Académie des sciences en 2006.
Portraits rédigés à partir des informations du catalogue ? 72 femmes de sciences pour la Tour Eiffel ?, Femmes & Sciences.
Crédits photos : Adobe Stock
[1]Zéolithes : minéraux microporeux capables de s’hydrater et de se déshydrater de manière réversible, utilisés notamment comme tamis moléculaires et en catalyse.
Publié le 5 février 2026–Mis à jour le 10 février 2026